Comment utiliser le design thinking pour concevoir des parcours de formation en ligne centrés sur l’apprenant
Comment utiliser le design thinking pour concevoir des parcours de formation en ligne centrés sur l’apprenant
Dans un contexte où la formation en ligne se démocratise et se professionnalise, de plus en plus d’organismes cherchent à concevoir des parcours e-learning réellement centrés sur l’apprenant. Le design thinking s’impose alors comme une approche particulièrement pertinente pour imaginer, tester et optimiser des dispositifs pédagogiques en phase avec les attentes du public cible. Au-delà de l’effet de mode, cette méthode de conception itérative permet de structurer un projet de formation digitale autour de l’expérience utilisateur, tout en mobilisant les parties prenantes et en sécurisant les résultats.
Qu’est-ce que le design thinking appliqué à la formation en ligne ?
Issu du monde du design et de l’innovation, le design thinking est une démarche de résolution de problèmes centrée sur l’utilisateur final. Transposé au domaine de la formation à distance, il s’agit de concevoir un parcours e-learning en partant des besoins réels de l’apprenant, de son contexte et de ses contraintes, plutôt que de la seule expertise métier ou du contenu existant.
La méthode repose généralement sur cinq grandes étapes, qui peuvent se chevaucher et être répétées :
- Comprendre et empathiser avec les apprenants
- Définir le problème pédagogique à résoudre
- Imaginer des solutions (idéation)
- Prototyper des parcours de formation ou des modules
- Tester auprès d’apprenants et itérer
Cette logique iterative permet de passer rapidement d’hypothèses à des versions testables de parcours de formation en ligne, puis d’ajuster la conception pédagogique et les modalités e-learning en fonction des retours. L’objectif : créer une expérience d’apprentissage fluide, engageante et utile, qui maximise l’ancrage des compétences et la satisfaction des apprenants.
Pourquoi utiliser le design thinking pour concevoir un parcours e-learning ?
Appliquer le design thinking à la conception de formations digitales présente plusieurs avantages concrets pour les responsables pédagogiques, les concepteurs e-learning et les entreprises.
- Une meilleure compréhension du public cible : la phase d’empathie permet de dépasser les idées préconçues sur les apprenants (niveau, motivation, compétences numériques, contraintes de temps) et d’aligner le design du parcours sur la réalité du terrain.
- Des formations plus engageantes : en intégrant la voix de l’apprenant dès le départ, il devient plus facile de choisir les bons formats (microlearning, classes virtuelles, vidéos interactives, activités collaboratives) et de scénariser une expérience motivante.
- Une réduction des risques de non-adhésion : les prototypes et tests intermédiaires évitent de lancer un dispositif complet avant d’avoir vérifié son adéquation aux attentes des utilisateurs finaux.
- Une meilleure collaboration entre experts : la démarche favorise le travail en équipe entre experts métiers, ingénieurs pédagogiques, formateurs, responsables RH et parfois même apprenants.
- Une optimisation continue de l’expérience apprenant : le design thinking incite à considérer la formation comme un produit évolutif, qui se nourrit en permanence des retours utilisateurs et des données d’usage issues de la plateforme LMS.
À l’heure où les termes « expérience apprenant », « UX learning » ou « learner centric » s’imposent dans les stratégies de formation digitale, le design thinking offre un cadre structurant pour passer des intentions aux réalisations concrètes.
Phase 1 : Comprendre l’apprenant et son contexte
La première étape consiste à recueillir des informations qualitatives et quantitatives sur le public cible. L’objectif est d’entrer dans la réalité de l’apprenant en ligne pour identifier les freins, les leviers de motivation et les usages numériques.
Plusieurs méthodes peuvent être mobilisées :
- Entretiens individuels avec des apprenants représentatifs
- Focus groups avec des salariés, des managers ou des tuteurs
- Questionnaires en ligne pour obtenir une vision plus large
- Analyse des données d’un LMS existant (taux de complétion, temps passé, abandons)
- Observation de situations de travail ou de moments d’apprentissage informel
À partir de ces éléments, les concepteurs élaborent des personas d’apprenants : des profils fictifs mais réalistes qui synthétisent les caractéristiques, objectifs, contraintes et préférences pédagogiques des différents segments de public. Ces personas guideront ensuite le design du parcours e-learning.
Phase 2 : Définir le problème pédagogique à résoudre
Une fois la matière collectée, la seconde étape du design thinking vise à clarifier ce que la formation en ligne doit réellement permettre d’atteindre. Il ne s’agit pas simplement de « transmettre un contenu » mais de répondre à un problème précis : montée en compétences, changement de pratiques, mise en conformité réglementaire, accompagnement d’une transformation interne, etc.
Pour cela, il est utile de reformuler le besoin sous forme de question centrée sur l’apprenant, du type :
- Comment aider les managers de proximité à conduire des entretiens annuels de qualité, malgré un agenda chargé ?
- Comment rendre accessible la culture sécurité à des équipes dispersées sur plusieurs sites, avec des niveaux très hétérogènes ?
- Comment permettre à de nouveaux collaborateurs de s’approprier rapidement les fondamentaux métiers, à distance ?
Cette clarification du problème pédagogique facilite ensuite les arbitrages sur les objectifs d’apprentissage, les modalités e-learning à privilégier et le niveau d’accompagnement nécessaire (tutorat en ligne, coaching, classes virtuelles).
Phase 3 : Imaginer des solutions de parcours de formation en ligne
L’étape d’idéation consiste à générer un maximum de pistes pour concevoir un parcours de formation en ligne centré sur l’apprenant. Elle peut prendre la forme d’ateliers collaboratifs réunissant différents acteurs du projet, avec éventuellement la participation d’apprenants.
Lors de ces ateliers, les participants sont invités à explorer plusieurs dimensions :
- Structure globale du parcours (linéaire, modulaire, à la carte, adaptatif)
- Formats pédagogiques (e-learning scénarisé, capsules vidéo, podcasts, classes virtuelles, serious games, activités collaboratives sur forum)
- Rythme et durée (microlearning, sessions longues, parcours blended associant présentiel et distanciel)
- Modalités d’accompagnement (tutorat synchrone ou asynchrone, mentorat, feedback automatisé)
- Dispositifs d’évaluation (quiz, études de cas, mises en situation, évaluation en situation de travail)
À cette étape, la quantité d’idées prime sur la qualité. Le tri et la priorisation se font ensuite, en évaluant la faisabilité technique, les contraintes budgétaires, la cohérence avec la stratégie de formation de l’organisation et surtout l’impact potentiel sur l’expérience apprenant.
Phase 4 : Prototyper le parcours e-learning
Le prototypage consiste à donner une forme concrète aux idées retenues, sans pour autant développer tout le dispositif de formation. L’objectif est de produire une version simplifiée, mais suffisamment représentative pour que des apprenants puissent la tester.
Dans le cadre de la conception de parcours de formation en ligne, cela peut se traduire par :
- La création de wireframes ou maquettes des écrans de la plateforme et des modules
- Un storyboard détaillé d’un module e-learning clé
- Un prototype fonctionnel d’une séquence (par exemple un premier module SCORM ou une classe virtuelle type)
- Un scénario d’onboarding apprenant présentant le déroulé du parcours et les points de contact
Le prototypage permet aux équipes pédagogiques de visualiser l’enchaînement des activités, la cohérence du parcours, la charge cognitive, les moments d’interaction et les modalités de support. Il favorise également le dialogue avec les équipes techniques et les fournisseurs de solutions e-learning.
Phase 5 : Tester avec des apprenants et itérer
Le test utilisateur est au cœur de l’approche design thinking. Il s’agit d’observer des apprenants représentatifs utiliser le prototype de parcours ou de module, afin d’identifier les points forts et les irritants de l’expérience d’apprentissage.
Quelques éléments à explorer lors de ces tests :
- La compréhension des consignes et du déroulé de la formation en ligne
- La facilité de navigation dans la plateforme ou le module e-learning
- Le niveau de motivation et d’engagement ressenti
- La perception de la charge de travail et de la durée des activités
- La pertinence des contenus au regard des situations professionnelles
Les retours recueillis sont ensuite analysés pour faire évoluer le prototype : simplifier une interface, raccourcir une séquence, ajouter des exemples concrets, renforcer l’accompagnement, adapter le rythme ou la granularité des modules. Ce cycle test–apprentissage–itération peut être répété plusieurs fois avant le déploiement global du parcours e-learning.
Intégrer le design thinking dans sa stratégie de formation digitale
Au-delà d’un projet isolé, l’enjeu pour les organisations est de faire du design thinking un réflexe dans la conception de leurs parcours de formation en ligne. Cela suppose de :
- Sensibiliser les équipes formation et les experts métiers à la culture centrée utilisateur
- Intégrer des temps d’exploration des besoins apprenants en amont de chaque projet
- Prévoir systématiquement une phase de prototypage et de test avant industrialisation
- Exploiter les données d’usage du LMS pour alimenter une amélioration continue
- Associer des représentants d’apprenants aux comités de pilotage des projets e-learning
En combinant design thinking, ingénierie pédagogique et technologies e-learning, les organismes de formation et les services RH disposent d’un levier puissant pour concevoir des expériences d’apprentissage réellement personnalisées, efficaces et alignées sur les enjeux métier. Dans un environnement où l’offre de formation digitale est abondante, cette démarche centrée sur l’apprenant peut constituer un facteur différenciant fort, tant en termes de qualité pédagogique que d’engagement et de fidélisation des publics formés.
